L'arbre de l'humanité

Grand arbre

Sur un arbre, au printemps, un bourgeon éclot. Une belle petite feuille verte pâle se déploie tout doucement. Timide. Fragile.
Elle prend sa place lentement mais sûrement et découvre la présence de deux feuilles dans son entourage. Deux grandes et majestueuses feuilles d’un vert intense.
Puis au fil du temps, en se développant, elle se rend compte qu’elle est entourée d’autres feuilles, un peu plus loin. Et perçoit ensuite qu’il y a là en fait, une myriade d’autres feuilles plus ou moins proches et identiques à elle.
Les jours passent, elle devient de plus en plus assurée, sa pigmentation s’affirme, elle atteint la taille d’une feuille adulte, grande, verte foncée, symbole de la pleine maturité. Elle est heureuse, pendant une longue période, de participer au concert des feuilles en participant pleinement à la vie de sa communauté et en faisant l'expérience d'être une feuille.
Puis, petit à petit, une sensation d’abord diffuse apparaît, celle de sentir que l’énergie ne coule plus en elle comme d’habitude. Au début, c’était anecdotique et mettait ce manque d’énergie sur le compte d’une baisse de moral puis cela s’installe sans crier gare. Elle remarque également que les pointes à son bout commencent à changer de couleur pour devenir brunes. Puis, ces tâches brunes s’agrandissent pour prendre de plus en plus de place... Toute la place.
Elle en arrive à la conclusion qu’elle ne peut plus rester là et doit lâcher prise.
Décision difficile car cela signifie le détachement d’avec tout ce qui lui était familier et la grande chute vers l’inconnu.
La mort dans l’âme, elle s’exécute et tombe sur le sol.
Là, elle est prise en charge par de nombreux organismes qui s’activent à la décomposer en particules minuscules et à la transporter jusqu’au niveau des racines de l’arbre. Puis, morceau par morceau, est intégrée dans l’arbre et monte dans le tronc, portée par la sève, pour se retrouver dans un nouveau bourgeon à éclore. Et le moment venu, au printemps de l’année suivante, elle éclot, sans se souvenir de sa vie d’avant.

Le cycle de la feuille comme métaphore du cycle de nos vies, une succession de naissances, vies et morts.
Dans un premier temps, puisqu’on a pas de souvenir des vies antérieures, on n’a qu’une faible acuité concernant l’interconnexion que l’on pourrait avoir avec les autres et on se dit qu’il est évident que je suis moi, un individu indépendant et que tu es toi, un autre individu tout aussi indépendant. Que je ne suis pas toi et que tu n’es pas moi. Mais avec le temps et une bonne dose d’observation et de développement personnel et spirituelle, la vision que nous serions tous plutôt, les membres d’une communauté, s’impose. Communauté d’intérêt (famille, amis, connaissances, nation, culture...), communauté d’humains, communauté de vivants… Avec le temps, le champs de la communauté s’élargit pour finir par englober toutes choses.
Puis nous nous apercevons qu’en fait, il est plus juste de penser que nous sommes plutôt membres d’un organisme plus grand : l’arbre.
Et finalement, comme le prône les taoïstes, qu’en fait, nous n’avons pas d’existence propre, "JE" n'existe pas, il n'y a rien de permanent sur quoi l'accrocher, seul l'arbre existe...

N’hésitez pas à prendre contact avec moi si vous avez besoin d’aide pour vous mettre en chemin.